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Linux des familles : partager un dossier local entre utilisateurs

lundi 3 novembre 2008


L’objectif de cet article est d’expliquer par le menu comment créer sur une machine linux un espace partagé en toute sécurité pour une utilisation "familiale". Il existe bien sur de nombreuses solution mais en voici une que j’utilise avec succès depuis quelques temps.

La première étape est de créer un emplacement partagé dans lequel chaque utilisateur du système pour déposer du contenu et consulter les fichiers mis à disposition par les autres. J’ai choisi de placer un répertoire partage dans le dossier des utilisateurs, de façon à bien l’isoler du système en cas de problème :

$ sudo mkdir /home/partage

A l’intérieur de ce répertoire, on va créer quelques sous répertoires destinés à ranger et organiser le contenu (libre à vous, bien sur, d’adapter cette liste à votre usage) :

$ sudo mkdir /home/partage/photo
$ sudo mkdir /home/partage/video
$ sudo mkdir /home/partage/musique
$ sudo mkdir /home/partage/texte

Il nous faut maintenant autoriser tout les utilisateurs du système à lire et écrire dans ces répertoire. Pour cela, la commande suivante devrait ajuster les droits unix à "rwxrwxrwx" c’est à dire "lecture, écriture et exécution" pour tous :

$ sudo chmod 777  /home/partage/*

Ceci fait, nous disposons maintenant d’un ensemble de répertoires partagés. Le problème, c’est que tous les utilisateurs disposent des mêmes droits sur les fichiers. Autrement dit, votre jeune fils peut tout à loisir supprimer les précieux mp3 que vous avez mis en partage avec votre épouse ! Contre cela , nous allons utiliser le bit collant ou sticky bit. Ce droit particulier empêche les utilisateurs de supprimer les fichiers qui ne leur appartiennent pas (attention, s’ils y sont autorisés par les droits des fichiers, ils peuvent tout de même les modifier).

$ sudo chmod +t /home/partage/*

Nous disposons maintenant d’un espace local partagé performant. Mais comment permettre à tous les utilisateurs d’y accéder facilement ? Pour cela, nous allons monter directement le répertoire partagé dans le répertoire des utilisateurs concernés à l’aide de l’option —bind. Commençons par créer les répertoires adhoc pour le montage, en supposant que nous avons 2 utilisateurs dans le système dont les répertoires personnels sont /home/UTILISATEUR_1 et /home/UTILISATEUR_2

$ sudo mkdir /home/UTILISATEUR_1/partage
$ sudo mkdir /home/UTILISATEUR_2/partage

Il ne reste plus qu’à monter le répertoire partagé à ces emplacements :

$ sudo mount /home/partage /home/UTILISATEUR_1/partage --bind
$ sudo mount /home/partage /home/UTILISATEUR_2/partage --bind

Voila, le partage est prêt... jusqu’au prochain redémarrage. Pour rendre la modification permanente, il faut encore éditer le fichier /etc/fstab pour y ajouter les lignes adéquates (sans oublier de bien faire une sauvegarde).

Pour la sauvegarde :

sudo cp /etc/fstab /etc/fstab.old

Pour ce qui est des lignes à ajouter dans le fichier à l’aide de votre éditeur de texte favoris (par exemple, vi, gedit ou kwrite), voici comment elles se présentent :


## Ici le début de votre /etc/fstab ##
/home/partage   /home/UTILISATEUR_1/partage     none    bind
/home/partage   /home/UTILISATEUR_2/partage     none    bind

- La première colonne dans le fichier indique le nom du périphérique à monter. Ici, ce n’est pas véritablement un périphérique puisqu’il s’agit d’un répertoire (/home/partage).
- La deuxième colonne précise le point de montage, elle varie donc pour chaque utilisateur concerné (/home/UTILISATEUR_X/partage).
- La troisième colonne précise le type de système de fichier à utiliser. Ici, le choix "none" indique qu’il ne faut utiliser aucun système de fichier particulier. C’est bien normal puisque le répertoire partagé possède déjà son propre système de fichier.
- La quatrième colonne (et les suivantes, si elles existent) est dédiée aux options. C’est le bon endroit pour placer notre option "bind" nécessaire au système pour comprendre qu’on lui demande de monter non pas un véritable périphérique mais un simple répertoire.

C’est aussi simple que ça !


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