jeudi 23 octobre 2008
Vive l’obligation faite aux collectivités locale d’accueillir les enfants lorsque les personnels enseignants sont en grève. Ce serait une atteinte au droit de grève ? ça se pourrait bien, mais malgré tout, c’est une solution gagnant-gagnant.
Que ce passe-t-il les jours de grève lorsque les enfants ne sont pas accueillis ? Petit coup d’oeil sur le paysage actuel en adoptant le point de vue des quatre protagonistes en présence :
Les enfants : ils se réjouissent le plus souvent de cette journée de congés supplémentaire.
Les parents : ils pestent contre les enseignants en oubliant bien souvent que les revendications concernent aussi les conditions de travail de leurs enfants. La gène occasionnée les focalise sur une vision corporatiste des enseignants.
Les enseignants : ils perdent une journée de salaire, le plus souvent sans aucun espoir d’être entendu car l’état se moque (voire profite) de leur mouvement. Ils perdent également une journée de présence devant les enfants ce qui est un temps perdu pour les programmes. D’autre part, ils doivent affronter le mécontentement des parents.
L’état : c’est le grand gagnant. Il économise des journées de salaire, ce qui en ces temps de budget serré est toujours bon à prendre. D’autre part, il surfe sur le mécontentement des parents pour feindre la surdité quand aux revendications des enseignants.
La situation est radicalement différente lorsque les collectivités se trouve dans l’obligation d’accueillir les enfants. Voyons ce qui se passe alors :
Les enfants : ils se réjouissent toujours de cette journée non travaillée, consacrée au jeu et au sport.
Les parents : n’ayant pas de problème de garde, ils sont plus attentifs aux revendications et recommence à se demander si l’intérêt de leur enfants n’est pas en jeux.
Les enseignants : ils perdent toujours une journée de salaire et une journée d’enseignement mais, fait nouveau, ils ont l’assurance de ne pas déranger les parents. Par contre, ils retrouve espoir d’être entendu car l’impact financier de leur mouvement est tout autre ; ce sont les collectivités locales qui paient...
L’état : s’il continue d’économiser les journées de salaire non travaillé, il doit à présent faire face au coût engendré par l’obligation de garde. Des coûts qui, bien entendu, viennent grignoter sa cagnotte ! Et c’est bien là ce qui sauve cette réforme qui, l’argent étant le nerf de la guerre, vient appuyer les revendications des enseignants quand elle voudrait les gommer.
Dans cette situation, une stratégie de grève apparaît clairement gagnante : Les enseignant ont obligation de déclarer 48 heures à l’avance leur intention d’être gréviste. C’est sur la base de ces déclaration que les personnels de garde sont sollicités et que les collectivités locales sont défrayées. Par contre, ils ont le droit de renoncer à être gréviste jusqu’au dernier moment. Il leur faut donc :
être un maximum à déclarer une intention de grève de façon à ce que le coût soit le plus important pour l’état,
renoncer "en masse" à la grève au dernier moment de façon à conserver leur salaire et leur temps de présence devant les enfants.
De cette façon, ils auront le beurre, l’argent du beurre, et le sourire de nos chères têtes blondes...