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Crise financière : le couteau entre les dents

jeudi 18 septembre 2008


De crack en crack, l’économie ultra libérale nous donne un nouveau coup de massue. Ce n’est finalement que le fonctionnement très naturel et habituel du marché mais les conséquences sont toujours les mêmes. Les hausses, modérées dans un premier temps, attirent l’attention des « investisseurs » sur un supports financier qui paraît fiable et solide (la bourse, la pierre…). Celui-ci devient bientôt l’objet de toutes les attentions et connaît donc une période de forte croissance et d’irrésistible attractivité. Tous les excès sont alors permis pendant une période plus ou moins longue mais cela se finit toujours de la même façon : en eau de boudin lorsque le marché s’effondre.

Finalement, c’est les règles du jeu et les banquiers ruinés ne nous inspirent pas vraiment pitié. Le problème, c’est que les grands argentiers, les grands patrons dans leur tour d’ivoire ne sont jamais ruinés. Des entreprises renommés, des établissements prestigieux peuvent faire faillite mais les grands patrons s’en sortent toujours élégamment. Et s’il le faut, l’état – même le plus libéral – puisera dans la poche des contribuables pour sauver ce qui peut l’être. En marge de l’actualité, l’exemple que nous offre Bernard Tapie ces derniers jours est particulièrement flagrants. Par contre, et c’est là que le bas blesse, à l’autre bout de la chaîne économique, ce sont toujours les mêmes qui trinquent. Les classes moyennes voient disparaître leurs économies et leurs marges de manoeuvre. Et pour les classes les plus populaires de la population les difficultés macroéconomiques se traduisent par du chômage, des salaires qui stagnent ou régressent et des conditions de travail chaque jour plus difficiles.

Les grands patrons ont donc passé avec la société un marché de dupe. Le risque qu’ils acceptent d’assumer en échange de notre travail et qui est la seule justification de leurs salaires indécents est en fait garanti sur nos têtes. Les fortunes amassées au temps chaud leur permettent en effet toujours de s’abriter l’hiver venu lorsqu’ils ont mis le feu à la maison commune et que nous restons dehors sans abri et les poches vides.


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